Violences conjugales et sexuelles
De quoi parle-t-on ?
S’informer sur les violences conjugales et sexuelles
mieux comprendre c’est mieux se défendre
Chiffres clés 2024 *
* Toutes les données sont issues de la Lettre de l’Observatoire National des Violences faites aux femmes n°25 de novembre 2025, consultable ICI
Extrait choisis de l’édito :
« En 2024, les filles et les femmes demeuraient les cibles principales – pour ne pas dire quasi-exclusives – des violences sexistes et sexuelles et ceci, à tout âge et dans toutes les sphères de leur vie personnelle et sociale.
Ces violences changent de visage et de modes opératoires selon les tranches d’âge mais elles forment un continuum qui assujettit les filles puis les femmes.
Au-delà de dénombrer les victimes et les agresseurs, de décrire la typologie des violences subies et leur contexte, la Lettre a l’ambition de tirer le fil qui lie chaque violence sexiste et sexuelle aux autres pour mettre
en évidence qu’entre du harcèlement sexuel et un suicide forcé, un outrage sexiste et sexuel et un viol, des cyberviolences au sein du couple et un féminicide direct, ce sont des ressorts comparables et convergents qui sont à l’œuvre.
(…)
Quand les enfants ne sont pas la cible directe des violences sexuelles, le seul fait d’être exposé·e à la violence au sein du couple impacte durablement leur santé physique et psychologique ainsi que leur développement.
376 000 femmes déclarent avoir vécu des violences au sein du couple en 2023 et 228 000 femmes victimes ont été enregistrées par la police ou la gendarmerie en 2024. Ce sont donc des dizaines de milliers d’enfants qui vivent dans la terreur et grandissent avec pour « modèle » l’exercice de la violence sur leur mère.«
En 2024, 107 femmes ont été victimes de féminicides directs.
65 victimes de féminicides étaient mères, et 2 ont été tuées avec leurs enfants ;
1 victime de féminicide était enceinte au moment des faits ;
4 enfants ont été tué.es dans un contexte de féminicide au sein du couple ;
148 enfants sont devenu.es orphelin.es
26 enfants ont été témoins des faits
Collectif « Féminicides par compagnons ou ex », données de 2025
Définitions
Violences conjugales
Les violences conjugales sont les violences commises au sein des couples ou ex-couples mariés, pacsés, en union libre avec sans vie commune. Elles sont interdites par la loi, qu’elles touchent un homme ou une femme, qu’elles soient physiques, psychologiques, socioéconomiques ou sexuelles.
Il est fondamental de différencier « violences conjugales » et « conflits ». Le conflit est autorisé, pas la violence.
Pour appréhender les différences entre conflit et violence, regardez la vidéo explicative d’Ernestine Ronai, responsable de l’Observatoire Départemental des Violences envers les Femmes de la Seine Saint Denis, publiée à l’occasion des 8èmes rencontres interprofessionnelles de la MIPROF.
Violences sexuelles
Les violences sexuelles désignent tous les actes sexuels commis avec violence, contrainte, menace ou surprise. Elles peuvent recouvrir différentes formes : agression sexuelle, viol, voyeurisme, harcèlement sexuel…
Le viol est un crime (article 222-23 à 222-26 du code pénal). Il est défini par le code pénal comme « Tout acte de pénétration
sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur par violence, contrainte, menace ou surprise. »
Toutes les agressions sexuelles autres que le viol (articles 222-22 et 222-27 à 222-30 du code pénal) sont des délits. Elles sont définies comme « un acte à caractère sexuel sans pénétration commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise ». Il peut s’agir par exemple de contact ou d’attouchement de nature sexuelle.
Personne n’a le droit de vous imposer un acte sexuel que vous ne désirez pas.
Voir le site officiel Arrêtons les violences.
L’auteur des faits est le seul responsable. Le coupable est l’agresseur.
Peu importe la forme qu’elles prennent, les violences, conjugales ou sexuelles, entraînent de lourdes conséquences, tant pour les victimes et leurs proches que pour la société en général. Elles peuvent toucher toutes les familles, les enfants et les adolescents, garçons et filles, de toutes les classes sociales et de toutes les cultures.
La pyramides des Violences sexistes et sexuelles
D’après Handsaway, librement adaptée, tirée de « Causon féministe : les études féministes vulgarisées »
Les mécanismes
de la violence conjugale
Dans une grande majorité des situations de violences, les auteurs utilisent les mécanismes
cités ci-dessous pour asseoir leur emprise et leur domination :
- Isolement de la victime.
- Dévalorisation de la victime.
- Inversion de la culpabilité (transférer la responsabilité de la violence à la victime).
- Instauration d’un climat de peur, d’insécurité (toute puissance, menaces, représailles).
- Mise en place de moyens pour assurer l’impunité (secret, recruter des allié.e.s).
L’observation de ces mécanismes est aussi un moyen efficace pour identifier une situation de violence.
Les cycles de la violence conjugale
Cette présentation de la violence conjugale n’est pas exclusive mais elle représente une majeure partie des situations rencontrées. La violence conjugale s’installe en effet de manière extrêmement subtile, souvent verbale, psychologique au début, elle peut être suivie de violences physiques ou sexuelles et peut apparaître de manière soudaine. La relation se caractérise souvent par une suite de phases qui alternent entre tensions, passage à l’acte, excuses, phase plus “harmonieuse” dite de “lune de miel”, phase de tension, passage à l’acte etc…
Cette succession de périodes a pour conséquence de maintenir celle qui les subit dans un état d’incertitude permanent, d’espoir que les périodes “agréables” vont durer, de questionnement sur sa part de responsabilité et donc sur sa culpabilité.
On appelle généralement cette présentation la “spirale de la violence conjugale” ; très souvent, elle se caractérise par une augmentation de l’intensité et de la fréquence des passages à l’acte au fil des années et une désorientation totale de la personne qui subit ces violences ainsi que d’une dévalorisation personnelle majeure.
La victime ne se fait donc plus suffisamment confiance pour arriver à nommer ce qu’elle vit, pour déterminer ce qui serait souhaitable pour elle ou ses enfants. Elle se pense responsable de la situation.

