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Violences conjugales et sexuelles

Suis-je victime ?

Suis-je victime de violences ?

Il est important de demander de l’aide et des conseils pour se protéger.

Il est important de faire la différence entre disputes et violences au sein de votre couple.
Dans les disputes ou conflits conjugaux, deux points de vue s’opposent dans un rapport d’égalité. Dans les violences, il s’agit d’un rapport de domination et de prise de pouvoir de l’auteur sur la victime. Par ses propos et comportements, l’auteur veut contrôler et détruire sa partenaire.
Si parfois, régulièrement ou continuellement vous vous interdisez de dire ce que vous avez envie de dire, d’aller où vous avez envie d’aller ou de faire ce que vous avez envie de faire par peur de la réaction de l’autre, vous ne vivez pas une relation de couple saine.

Le conflit est un mode relationnel interactif fondé sur un désaccord ponctuel auquel il faut trouver une solution. Le propre de la violence est de refuser de placer l’autre sur un pied d’égalité et de nier sa qualité de sujet.

- Docteur Roland Coutanceau -

Groupe de travail Auteurs de violences au sein du couple, prise en charge et prévention, 2012.

Les mécanismes
de la violence conjugale

Dans une grande majorité des situations de violences, les auteurs utilisent les mécanismes
cités ci-dessous pour asseoir leur emprise et leur domination :

  1. Isolement de la victime.
  2. Dévalorisation de la victime.
  3. Inversion de la culpabilité (transférer la responsabilité de la violence à la victime).
  4. Instauration d’un climat de peur, d’insécurité (toute puissance, menaces, représailles).
  5. Mise en place de moyens pour assurer l’impunité (secret, recruter des allié.e.s).

L’observation de ces mécanismes est aussi un moyen efficace pour identifier une situation de violence.

Les cycles de la violence conjugale

Cette présentation de la violence conjugale n’est pas exclusive mais elle représente une majeure partie des situations rencontrées. La violence conjugale s’installe en effet de manière extrêmement subtile, souvent verbale, psychologique au début, elle peut être suivie de violences physiques ou sexuelles et peut apparaître de manière soudaine. La relation se caractérise souvent par une suite de phases qui alternent entre tensions, passage à l’acte, excuses, phase plus “harmonieuse” dite de “lune de miel”, phase de tension, passage à l’acte etc…

Cette succession de périodes a pour conséquence de maintenir celle qui les subit dans un état d’incertitude permanent, d’espoir que les périodes “agréables” vont durer, de questionnement sur sa part de responsabilité et donc sur sa culpabilité.
On appelle généralement cette présentation la “spirale de la violence conjugale” ; très souvent, elle se caractérise par une augmentation de l’intensité et de la fréquence des passages à l’acte au fil des années et une désorientation totale de la personne qui subit ces violences ainsi que d’une dévalorisation personnelle majeure.

La victime ne se fait donc plus suffisamment confiance pour arriver à nommer ce qu’elle vit, pour déterminer ce qui serait souhaitable pour elle ou ses enfants. Elle se pense responsable de la situation.